Introduction
Aujourd’hui notre lien avec la nature est de plus en plus faible. Nous ne la connaissons plus que vaguement, nous ne nous y rendons plus qu’occasionnellement. Sa compréhension et celle des phénomènes naturels nous la font alors craindre.
Pour renouer un contact avec elle, il faut aller vers elle. Car, comprendre c’est d’abord regarder. C’est la raison d’être des classes à l’extérieur. C’est ensuite aussi la vivre. Pluie et soleil sont deux facettes d’un même monde. On peut apprécier travailler sous la pluie, comme il peut être difficile de travailler sous le soleil. Pour autant qu’on sache comment vivre ces moments, ce qu’il y a de beau en eux, en quoi ils sont nécessaires et appréciables, il est possible de retrouver ce lien important avec elle.
Pédagogie
Outre le fait de reprendre contact avec ce reste du monde qui n’est pas nous, il existe des motifs pédagogiques à cette démarche.
Travailler à l’intérieur c’est toujours un peu s’enfermer. On sépare la connaissance du monde, du monde lui-même. On rejette les difficultés de son accès comme n’en faisant pas partie. Pourtant saisir les difficultés à accéder au savoir fait partie du savoir. Comprendre celles qu’il y a à accéder à la nature fait partie de la nature.
Par ailleurs, il y a dans la nature des ressources insoupçonnées permettant aux pédagogies de prendre un sens autre que celui d’exercice. Ce sens auquel les élèves sont bien plus sensibles que s’il est reporté sur une fiche est aussi celui d’un contexte qui fait la réalité. Car n’oublions pas que si notre esprit est une aide pour comprendre la réalité, il n’en n’est pas la finalité. Que notre finalité est d’être dans le monde dont la nature fait partie intégrante.
Récits de vie
Ainsi, vous allez trouver ici non des fiches pédagogiques, mais des récits de vie dehors. Ils ont été des moments d’apprentissages, intégrants les disciplines dans la nature au lieu d’évoquer la nature dans les disciplines.
Ces récits n’ont que la prétention de faire voir qu’il est possible d’enseigner à l’extérieur, sans cacher les difficultés que cela représente.
Sans être à l’origine de la pratique des classes dehors, que le Collège de l’Ouest pratique depuis bien des années (sorties dans la forêt ou au potager), il faut mentionner que l’origine d’en rendre compte de manière structurée et systématique est à trouver dans la lecture de l’excellent ouvrage « La classe dehors » (ed. Vuibert) d’Amandine De Freitas-Valdant et constitue un « Guide pratique pour repenser sa classe en plein air ». Nous ne saurions que trop encourager sa lecture et féliciter son auteure d’un ouvrage très pratique et très clair pour des sorties avec des élèves des cycles 1 à 3.
Ainsi, un certain nombre de sorties ont-elles pour base théorique les fiches pratiques de l’ouvrage d’Amandine. Comme il peut être intéressant d’imaginer le devenir de ce que ces fiches proposent avec des réalisations qui s’en inspirent, le cas échéant seront reportés les numéros des fiches en question.
Structure
Donner à voir la grande diversité de ces récits de vie n’est pas chose aisée. La liberté nécessaire pour rendre compte de situations plurielles doit prévaloir sur la structure nécessaire à comprendre l’identité du cadre global de chacune d’elles.
Par ailleurs, l’idée n’étant pas de doubler le travail des enseignants (préparation et réalisation) par un compte rendu disproportionné, beaucoup de choses seront omises. Notamment aussi en raison de la protection des enfants, dont les visages n’apparaîtront pas et qui orientera les comptes rendus vers le texte au détriment de l’image. L’utilisation des mots de récits de vie est donc totalement adéquate.







