Dehors « Observer »

Dehors « Observer »

  • Date : 10 mars 2026
  • Lieu : Potager du Lycée Blaise Cendrars
  • Nombre d’élèves : 18
  • Niveau : quatrième Harmos
  • Temps : couvert, pluie
  • Temps de travail : env. une heure
  • Numéro de la séance du document de référence :

Objectifs

Le travail d’un scientifique consiste à réfléchir, observer, réfléchir, observer, décrire, ordonner, organiser, chercher, décrire, réordonner, structurer, un peu comprendre, restructurer, …

Il s’agissait aujourd’hui d’observer, de réfléchir, d’observer et de décrire.

Préliminaire

Se trouver dans un jardin l’hiver est un préliminaire à sa description l’été. Les élèves devaient donc au préalable observer le jardin. Ce fut un moment d’investigations libres qui évidemment appelèrent beaucoup de questions.

Outre, l’absence de fleurs, c’est la présence d’autres plantes presque inconnues : « un buisson tout sec » et un autre tout vert sombre. L’idée de goûter pour déterminer leur vient pour le second. Ils demandent l’autorisation, goûtent et … trouvent : de la sauge. Les feuilles restent l’hiver ? Il existe de multiples types de sauges, annuelles ou rustiques. Ainsi tous les arbres ne perdent pas leurs feuilles.

Pour le premier, peut-être est-il mort ? Au lieu de goûter, sentez … leur dit-on. « De la lavande ». L’odeur persiste quelque peu. Cela peut-être vivant et comme mort …

Plusieurs demandent où sont les vers-de-terre. On répond, trouvez-en. « Il n’y en a pas ! ». « Pourtant, il pleut. » Pas de vers-de-terre l’hiver ? Se sont-ils cachés parce qu’il fait froid ?

Ensemble, on observe et on se questionne. Personne ne se demande pourquoi il n’y a pas d’insectes, mais les vers de terre … on observe et réfléchit, ou … le contraire.

Travaux pratiques

Pour observer et décrire, il faut choisir. On demande aux élèves de trouver deux petits objets de la nature qui sont différents et qui leur plaisent.

La recherche de vers-de-terre est infructueuse. La cueillette de sauge généralement adoptée. Comme l’herbe verte, pour laquelle il faut préciser que seuls les ruminants en mangent (ce qui est évidemment faux, mais bienvenu pour éviter que le groupe ne se transforme en moutons :-).

La pluie se fait alors plus intense. Assez pour que la suite ne soit plus possible qu’à l’abri. À proximité du lycée, nous nous réfugions dans une de ses salles où vont avoir lieu les étapes d’observations et de descriptions des deux objets recueillis (des sous-mains de dessin avaient été prévus pour rester sur le terrain ; mais la pluie était trop problématique).

La loupe

L’utilisation d’une loupe s’était déjà faite précédemment une fois où il fallut leur expliquer comment la placer entre un objet et leur œil pour voir de petits détails.

Ici, il s’agissait d’aller un peu plus loin en effectuant deux dessins d’observation : l’un avec une loupe, l’autre sans. Ce travail était à réaliser dans leur cahier d’observations avec un titre imposé (voir images) et une légende.

Ensemble autour de petites tables, chacun s’est mis au travail.

Résultats

Une grosse surprise nous attendait pendant le travail d’observations et de description : les difficultés liées à l’utilisation de la loupe. En effet le choix de réaliser deux dessins avec et sans loupe fut guidé par la volonté de leur faire prendre conscience de la différence d’observations permise par la loupe. Nous nous attendions à un dessin de détail et un autre d’ensemble.

La surprise a été de constater les difficultés à représenter les détails de l’image vus à travers la loupe. Non seulement l’image partielle vue à travers la loupe devait être de la même taille que celle vue à l’œil nu, mais le dessin devait impérativement à leurs yeux représenter l’ensemble de l’objet dont ils disposaient. Représenter un agrandissement devenait donc impossible. Après avoir vu une image agrandie, qu’il nous ont décrite, certains ont même posés la loupe sur l’objet pour le voir entier et le représenter ainsi. C’était comme si la loupe était un obstacle à l’idée de leur représentation, un obstacle à un dessin d’ensemble. Ce n’est qu’en insistant sur l’aspect de certaines surfaces poilues qu’ils concédèrent presque à représenter celles-ci non comme ils la voyaient dans la loupe, mais sur toute la surface de leur dessin d’ensemble. L’extrapolation fut alors une conséquence de leur volonté de représenter l’objet comme il le voyaient à l’œil nu.

Par contre, l’utilisation d’une légende pour préciser les détails de leurs dessins n’a fait aucun problème. Certes les mots manquaient et leur questionnement à propos de ceux qu’ils ne connaissaient pas fut grand, mais indiquer par des flèches la partie précise désignée pas le nom, était pour eux une évidence.

Finalement

La complexité des observations avec un loupe, complexité liée à l’instrument, nous a montré qu’il était nécessaire de revenir sur l’utilisation de cet instrument sur des cas très simples en indiquant l’intérêt d’une représentation lacunaire, parce que pas globale, mais agrandie des objets.