Dehors « Ressentir »

Dehors « Ressentir »

  • Date : 9 juin 2026
  • Lieu : Piscine des Mélèses
  • Nombre d’élèves : 17
  • Niveau : quatrième Harmos
  • Temps : nuageux
  • Temps de travail : env. une heure

Objectifs

Cela devait être une sortie dehors un peu particulière. Elle l’a été de manière inattendue.

Après une période chaude, à l’évocation des sensations passées ressenties à la piscine, nous avons décidé d’aller plus loin (voir Dehors « Les sens » et Dehors « Les mots des sens ») dans la compréhension du mot « sens » et d’introduire celui de « sensation ». Sentir, ressentir, sens et sensation sont des mots proches auxquels il faut donner un sens.

Si nos sens nous permettent de sentir d’éprouver quelque chose, qu’en est-il de notre ressenti. Ressentir, n’est-ce pas en plus de sentir, juger, prendre position ? Volontairement ou pas, nous associons à nos sens des points de vue, des jugements qui nous permettent de passer d’un constat : le sens, à une affection : la sensation.

Ainsi, nous avions prévu d’utiliser la piscine pour éprouver les sensations. Au pieds nus sur le goudron pouvait s’opposer ceux-ci sur l’herbe. La chaleur du soleil sur la tête pouvait être mieux ou moins bien ressentie que l’ombre fraîche des arbres ou le bruit de la route adjacente pouvait énerver plus que celui des enfants jouant dans le parc voisin.

L’idée était d’en discuter, de mettre des mots sur les sensations et de le comparer avec celles des autres pour en constater clairement le point de vue relatif à chacun.

Travaux pratiques

Rien ne se déroula comme prévu, car le temps s’étant fortement dégradé, des parents nous ont questionnés sur l’opportunité de se rendre à la piscine et ce n’est qu’avec la garantie que leur enfant ne serait pas obligé de se baigner qu’ils acceptèrent la devise de la classe dehors, « par tous les temps ».

En maintenant cette activité, nous étions nous aussi sceptiques. Nous avions tort. Car, certes le froid était là, environ 13°C, et l’herbe mouillée nous obligea à utiliser les grands bancs en bois pour nous changer, mais ce fut un prélude intéressant du point de vue des sensations plantaires : chacun donna spontanément son point de vue. Puis, à l’entrée dans l’eau froide, très progressive dans un petit bassin de cinquante centimètre de profond, étonnement, plus des trois quart des élèves nous suivirent avec des expressions allant de l’effroi à la stridence en passant par la curiosité et le courage. Très fort contraste de sensation donc, qu’il ne fut même pas besoin de souligner, puisque à nous voir entrer dans l’eau, ce fut la curiosité qui l’emporta. Quelques courageux emportèrent simplement la décision et à part deux élèves, sentant tous le froid, tous firent taire leur sensations pour finir par plus s’échauffer en jouant que se refroidir dans l’eau.

Résultats

Il fut difficile ensuite de les arrêter, le petit bassin étant pourvu de nombreux jeux. Mais ceux-ci à moitié dans l’eau, nous pensions que passé un certain temps leur enthousiasme allait décroître.

Nous les fîmes donc revenir pour nous déplacer dans le grand bain, c’est-à-dire au toboggan et au vortex. Le déplacement se fit dans un petit vent froid qui ne donna lieu à aucune remarque.

Arrivés au grand bassin, nous avons rappelé qu’aller dans l’eau n’était pas obligatoire et fait deux groupes. À part deux personnes, tout le monde se baigna à nouveau avec visiblement du plaisir à le faire. Aucune remarque quant à la température de l’eau ne fut faite. Mieux, sur le toboggan, le froid lié au vent fut commenté ainsi : « il fait froid en haut à cause du vent, alors je cours … », puis sur le chemin du vortex : « vivement dans l’eau, elle est chaude. ». Enfin, quand nous dûmes partir, trois élèves rechignèrent à sortir de l’eau tant « elle est bonne ».

Finalement

Le sens du froid n’est pas sa sensation. L’eau avait 19°C. Elle parût froide à plusieurs élèves en entrant, même progressivement, dans le petit bassin. Puis, elle s’échauffa en même temps qu’ils s’y s’amusaient. La température de leur corps diminua pendant le changement de bassin et c’est pourquoi certains coururent. Ensuite, plus chaude que l’air, elle devint un lieu plus recherché que l’air.

La sensation du froid varie. Au XVIIIe siècle, des textes présentent la température idéale autour de … 16°C. Aujourd’hui, pour certains, vivre à 20°C est problématique. Faire l’expérience du fait que la sensation du froid est très variable, dépend du vent, du soleil, de l’activité physique, … peut permettre de retrouver raison en matière de chauffage des habitations.