À nouveau dehors « Découverte du jardin »

Dehors « Découverte du jardin »

  • Date : 25 août 2026
  • Lieu : Jardin du Bois-Noir
  • Nombre d’élèves : 20
  • Niveau : troisième Harmos
  • Temps : bien ensoleillé
  • Temps de travail : env. trois quart d’heure

Objectifs

Lors de la dernière séance avec la classe de 4e Harmos, l’objectif était de : Revoir le jardin avec des mots.

On commence exactement de la même manière avec une nouvelle classe d’enfants plus petits, en 3e Harmos. Mais, à cet âge, les difficultés n’étaient pas d’écrire des mots, ou même des phrases, mais simplement de les dire. L’objectif était donc de :

Voir le jardin avec des mot.

Travaux pratiques

Arrivés sur place, tous entourent la parcelle de jardin ensemencée par leurs prédécesseurs de 4e. Puis, certains tentent de dire quelque chose sur ce qu’ils voient. « Il y a des carottes » est la première phrase qui surgit. Parce qu’on voit des carottes ? Parce que sur un panneau est écrit le mot « carottes » ? Non, parce qu’une image de carotte y figure. Mais, à la question « Où sont les carottes ? », aucune réponse n’est donnée. Même résultat pour les pommes de terre et soudain : « De la sauge ! ». Pointant un gros bosquet : « Ma maman en a aussi. » et d’en cueillir un bouquet pour lui montrer. « Et ça, qu’est-ce que c’est ? ». « Mets ton nez dessus et sens ». « De la lavande ? ». « Oui ». Beaucoup viennent sentir, puis plusieurs en font spontanément un bouquet. « Et cette immense feuille ? » Réponse admirative d’un petit bonhomme « De la rhubarbe … !!!! ».

« Et des fraises, il y en a ? », « On peut manger la sauge ? », « Et la lavande ? », « Là, sur l’arbre, c’est des fraises ? », … Tout devient objet de curiosité et l’inquiétude d’un lieu inconnu, fait place à la curiosité la plus grande.


Puis, « on s’assoit à l’ombre d’un noisetier dans l’herbe (s’asseoir dans une herbe relativement haute n’est pas évident pour tous) et chacun regarde de ce point de vue au dessus du jardin » (c’est exactement ce qu’on a fait à la dernière séance des 4e année, d’où est tiré la citation).

Si le constat est le même, certains ont quelques craintes, finalement tous le font. Et de la botanique, on passe à la zoologie. Assis dans de hautes herbes, le monde des insectes se dévoile. « Qu’est-ce que tu viens de voir ? » « Une cocccinez », « J’ai eu peur ! » La coccinelle se déplace au bout du doigt de l’enseignant, s’arrête, sort ses ailes sous les yeux médusés de deux enfants et … fonce sur l’un d’eux. « Hi, hi », mais elle disparaît, alors qu’au même instant, l’autre pointe du doigt une fourmi sur son pantalon. Passée au bout du doigt de l’enseignant, intimidés tous deux la regardent explorer son milieu et s’en aller sur l’herbe.

« Mais quel est cet arbre bienvenu qui vous fait de l’ombre ? » L’enseignante montre alors deux noisettes sur l’arbre. « Un noyé entend-on faiblement ». « Un noisetier, qui fait des noisettes, qui en sont les fruits » et on parle de différents fruits.

Résultats

Aujourd’hui, se retrouver immergé dans la nature n’est pas une évidence pour beaucoup. Arriver au jardin pour le voir et le décrire de près, mais sans y entrer, permet de dissiper la peur par l’entremise des mots. Décrire est rassurant. Cela permet de s’approprier un monde inconnu.

Deux comportements ont montré que la phase préalable à l’entrée dans la nature qu’est le jardin permet de transformer la peur de la nature en bienveillance pour ses habitants :

  • après l’évocation des plantes du jardin, facilitée par la connaissance préalable de certains élèves, s’asseoir dans l’herbe n’a pas vraiment posé de problème. Mieux, la présence d’une multitude d’insectes, appelant des regards interrogatifs vers les enseignants, a été source de curiosité parce que les enseignants en ont montré l’intérêt que bien des parents aujourd’hui n’expriment pas.
  • Le hasard a voulu qu’un peu avant de quitter les lieux un enfant appelle les autres à voir plusieurs fourmis sur une pierre. Et l’enseignante, au lieu de ne faire que constater le fait, a demandé au enfants de retourner la pierre.


Aucun élève n’a alors montré une quelconque appréhension. Tous ont voulu voir un spectacle qui en valait la peine : plein de fourmis s’occupant d’œufs, clairement visibles. De petits être qu’ils n’osaient toucher, mais qu’ils voulaient voir et sur lesquels ils posèrent leurs mots : « fourmis rouges », « non, noire », « elles portent des points blancs », « elles courent partout », …

Finalement

La conclusion de la dernière sortie de la classe précédente de 4e Harmos était celle-ci :

« Cette sortie conclut une année de sorties dehors par le constat renouvelé qu’aujourd’hui les enfants craignent moins les voitures que le insectes, qu’ils connaissent mieux les marques des premières qu’ils ne sont curieux des seconds. L’extérieur et la nature sont souvent pour eux synonyme de craintes et la curiosité qu’ils manifestent pour les tablettes ou autres smartphones avec lesquels ils peuvent jouer, s’amenuise hors du bitume des cours de récréations qui, même végétalisées, ne leur font pas mettre les pieds et les mains dans la terre. »

Seul prendre le temps de voir, de nommer, d’explorer la nature peut leur faire reprendre goût au monde naturel qui les entoure. Constater l’existence d’un monde sous les pierres nécessite de ne pas avoir peur de les soulever, d’oser regarder, laisser le regard au milieu de bestioles grouillantes pour se demander pourquoi, elles, elles ont peur.